INDIGO, le réseau social qui réinvente le monde

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Texte extrait de QOA Magazine N°4 actuellement en kiosque

Par Marie-Sophie de Sairigné

Crédit photos Coopérative Indigo

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Il ne s’agit pas d’un énième site de troc ou d’échange. Indigo, réseau social d’entraide, innove avec un objectif plus que louable : rassembler une communauté autour des valeurs du partage et de la solidarité, le tout à l’échelle du 2.0.

Comment endiguer une crise de confiance ou le projet d’une génération ?

Derrière ce projet innovant et plein de bonnes intentions, on retrouve la même association qui soutient les concours Eloquentia, compétitions de joute oratoire destinées aux jeunes de 18 à 30 ans en région parisienne. À l’image de ce concours, la Coopérative Indigo est portée par un collectif de jeunes —une centaine de bénévoles — issus de tous milieux sociaux et professionnels ; qu’ils soient étudiants, entrepreneurs, artistes, juristes ou sans emploi, tous ont en commun un « ras-le-bol » du pessimisme ambiant et ont choisi de changer les mentalités, dans un seul but : mieux vivre ensemble.

Stéphane de Freitas, le cerveau de l’opération, a lui-même « tout plaqué » pour fonder l’association, voilà trois ans : « J’étais frappé de voir à quel point s’accélérait le délitement du lien entre les gens depuis la crise de 2008. » Le concept « Indigo » est ainsi né de sa volonté de recréer du lien social et, indirectement, de ses travaux de thèse en droit qu’il débutait à l’époque ; pour traiter de la médiation et des modes alternatifs de résolution des conflits, Stéphane s’est en effet intéressé à la rencontre des opposés où l’indigo lui est apparu comme la représentation artistique de l’harmonie versus l’opposition rouge/bleu, ancrée dans l’imaginaire collectif.

S’en est suivi un travail de plusieurs années, venant donner raison à tous ceux qui croient qu’une vie communautaire basée sur la confiance et la solidarité est possible. La plate-forme d’entraide Indigo, fruit de cette action associative, permet en effet à chacun de se procurer les objets et les services (déménagement, cours de langue, de musique, etc.) dont il a besoin, et ce, sans argent. Si le principe semble familier à ceux qui ont fait ou font encore partie de SEL (Systèmes ou Services d’échange local), il faut savoir qu’Indigo entend, pour sa part, créer un maillage international. À l’inverse, les SEL existants sont multiples (plus de 600 rien qu’en France) et chacun d’entre eux fonctionne différemment : les échanges, le plus souvent comptés en référence au temps passé, peuvent l’être aussi bien en « fleurs » (une minute = une fleur), qu’en « grains de sel » ou en « pistaches ». Convaincue qu’aujourd’hui nous évoluons dans un monde interconnecté où les solutions d’entraide sont pléthores, la Coopérative Indigo a, elle, souhaité partager son point de vue optimiste à travers une initiative digitale d’utilité sociale.

La monnaie de la générosité

Pour expliquer le fonctionnement d’Indigo, Stéphane de Freitas aime à le revendiquer comme « le Wikipédia de l’entraide et de l’économie du partage ». En pratique, celui qui recherche un bien ou service n’a besoin que de quelques clics pour identifier les utilisateurs qui le proposent puis les localiser sur une carte. Il ne lui reste plus ensuite qu’à entrer en contact pour convenir d’un rendez-vous. Ici, les Digo et GoodVibes fusent de toutes parts, permettant de faire vivre la plate-forme en parfaite harmonie. Le « Digo », sorte de monnaie virtuelle d’échange, est crédité en plus ou moins grande quantité sur le compte d’un membre dès que celui-ci offre de son temps ou un de ses biens à la communauté, ou qu’il se mobilise pour une association. En parallèle, des « GoodVibes » peuvent être attribuées aux plus altruistes, ceux qui aident sans demander de Digo en échange, qui font bénéficier de leurs offres au plus grand nombre et dont les évaluations par les autres membres témoignent d’un sans-faute. Grâce à ces ondes positives (ndlr : traduction littérale de good vibes), ces généreux donateurs voient baisser la valeur en Digo des services et objets qui pourraient éveiller leur intérêt. En résumé, plus l’on aide, plus l’on est riche.

L’alpha-test débutera en France début 2016, et la version bêta au printemps, en France et à l’international ; mais par quels moyens une petite association parvient-elle à accomplir un projet d’une telle envergure ? Dans les faits, il a fallu mobiliser les potentiels utilisateurs de l’interface et lever des fonds : en parfaite lignée avec l’esprit d’Indigo, une campagne de crowdfunding (financement participatif) a ainsi été lancée en juin 2015 sur KissKissBankBank. En 42 jours, l’objectif de collecte de 20 000 euros était atteint, et même légèrement dépassé, grâce à l’enthousiasme de 632 KissBankers qui se sont vu promettre un accès à l’application en avant-première. Le succès de la campagne est aussi en partie dû aux artistes qui se sont mobilisés pour soutenir le projet : Matthieu Chedid, Kery James, Lisa Azuelos et Blanca Li. Pour récompenser les donateurs de 30 euros et plus, ces derniers ont en effet accepté de se prêter au « Challenge Indigo » : offrir des cours particuliers uniques aux utilisateurs de la version bêta de la plate-forme les plus altruistes ! Soit à ceux qui auront aidé le plus grand nombre de membres en l’espace de quelques mois.

Après la sortie, en décembre dernier, du premier film cinématographique participatif de l’histoire, Demain, réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, Indigo peut ainsi se targuer d’être la première application participative visant à lever une vague d’entraide. Elle demeure d’ailleurs à la recherche de toute personne susceptible de vouloir participer à cette tentative…

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Des actions concrètes, déclinables à l’infini

Pour aller plus loin dans sa mission sociale et culturelle, la Coopérative Indigo espère notamment provoquer, via la plate-forme, une émulation autour du bénévolat dans le monde associatif. Indigo recense ainsi les actions d’associations cherchant à mobiliser de la main-d’œuvre, afin que tout utilisateur puisse facilement participer à des missions bénévoles. Aux heureuses sélectionnées, la plate-forme apporte ainsi visibilité et soutien. Plus globalement, son créateur l’a imaginée comme une porte ouverte aux populations « qui éprouvent des difficultés sociales, mais qui ont pourtant un réel potentiel pour réinventer leur modèle social et économique » ; d’où ses déplacements en Grèce, au Portugal et en Côte d’Ivoire, où la Coopérative développe actuellement des communautés.

Et comme l’ambition internationale du projet ne saurait se concrétiser complètement sans pays de grande ampleur où la mixité sociale est reconnue, les États-Unis et le Brésil intégreront bientôt le réseau. Il est d’ailleurs question d’une implantation aux États-Unis, laquelle dépendra du succès de la campagne de crowdfunding prévue en janvier 2016, sur Indiegogo. Dans l’attente, des ambassadeurs sont recherchés sur place, pendant que d’autres déploiements sont envisagés dans le monde, plusieurs pays ayant manifesté leur intérêt pour la plate-forme. Finalement, le lancement officiel d’Indigo aura lieu sur quatre continents.

Le monde du travail n’est pas non plus en reste, puisque, dans le cadre des politiques de responsabilité sociale des entreprises, l’interface donne la possibilité à ces dernières de créer des circuits fermés en leur sein, afin de promouvoir l’entraide entre les salariés. L’objectif ? « Resserrer les liens des salariés au travail et apporter une meilleure mutualisation des savoir-faire. » Enfin, cohérente jusqu’au bout dans les valeurs d’éthique qu’elle prône, la Coopérative Indigo s’engage à ne pas revendre les données des utilisateurs, à refuser la publicité et à ne pas monnayer l’entrée dans la communauté.

Alternative contre la mondialisation et ce qu’elle engendre d’inégalités et de misère, outil de rencontres et de solidarité, promoteur de confiance mutuelle, solution d’amélioration du quotidien… la plate-forme « Indigo » possède tous les ingrédients de la réussite dans un univers de plus en plus tourné vers l’uberisation.

Go Indigo !

http://indigo.world

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