Ramener la nature dans la ville

Ville verte - QOA MAG

Par Sofia Colla

Quelques chiffres…

– 94 MILLIONS D’€

de dépenses de santé avec 10% en plus d’espaces verts

– 31%

de troubles de l’anxiété

– 34% 

de douleurs au dos

– 5,4 tonnes de CO2

par an grâce au grands arbres

Activité physique x 3

grâce aux espaces verts

Source : Observatoires des villes vertes

Les villes s’étendent, grignotant de plus en plus la nature. Or, notre environnement est en danger et sa protection est indispensable pour le futur de notre planète. Dans la lancée de la COP 21 et la limitation du réchauffement climatique à 2 degrés, la végétalisation des villes s’accélère. Véritable atout écologique pour lutter contre le changement climatique, cette action permet notamment de protéger les bâtiments contre le soleil, d’absorber les particules fines, de maintenir la biodiversité ou encore de retenir les eaux de pluie. Un toit végétalisé permettrait d’en absorber jusqu’à 75% [1] !

Dès les années 80, Edward Wilson avait tiré la sonnette d’alarme quant à l’étalement continu des métropoles au détriment des espaces naturels constituant un danger pour la biodiversité. À l’époque, il disait que cela pourrait se traduire par la disparition de la moitié des plantes et animaux de la planète d’ici à la fin du XXIème siècle. Malheureusement, ses prédictions semblent peu à peu se réaliser…

Singapour a été l’une des premières villes à s’ensauvager, notamment avec le Garden by the Bay composé de trois jardins de 101 hectares, mêlant biodiversité et technologie verte. Son exemple a été suivi par Rio de Janeiro, Bruxelles ou encore Montréal. Certaines métropoles vertes forment ainsi une association, Biophilic Cities, comptant une dizaine de membres dont Portland, San Francisco, Singapour ou Oslo. Ces derniers prônent un réel engagement et non pas le « greenwashing » qui consiste à utiliser les pratiques écologiques à des fins marketings. Ainsi, ils comparent leurs résultats pour établir les bonnes pratiques afin de réinventer la nature en ville !

Paris, un beau défi !

Au niveau européen, Paris ne figure pas parmi les meilleurs exemples de villes vertes… loin de là ! En effet, on y compte seulement 5,8 m2 d’espaces verts par habitant contre 25 à Berlin, 32 à Rome, 45 à Londres, 26 à Amsterdam ou encore 68 à Madrid ! [2]

Dans cette idée de développer des cités plus durables, l’un des projets les plus marquants est celui de Vincent Callebaut (architecte belge) : Paris Smart City 2050. Son objectif est ainsi de végétaliser entièrement la tour Montparnasse pour qu’elle devienne un parc public de 58 étages ! Mais ce n’est pas tout, il veut aussi couronner les immeubles haussmanniens de la rue Rivoli avec des tours végétales dotées de potagers. Paris ne serait plus la capitale que l’on connaît aujourd’hui, beaucoup plus naturelle et arborée… Difficile à imaginer. Ce projet a été remis à Anne Hidalgo l’année dernière.

La revégétalisation est d’ailleurs un axe stratégique du mandat de la maire de Paris. Ses objectifs – qui devraient être atteint en 2020 – sont par exemple la création de 30 hectares de jardins publics, l’ajout de 20 000 arbres et de 100 hectares de murs et de toits végétalisés, dont 30 seront dédiés à l’agriculture. Chaque particulier peut dès aujourd’hui demander un permis pour végétaliser son trottoir ou la bordure de son immeuble ! Ainsi, d’ici quatre ans, chaque parisien serait à moins de 7 minutes de marche d’un espace vert.

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Les solutions possibles

La raréfaction des espaces disponibles complique la tâche ! Pour cela, une des solutions la plus utilisée et la plus facilement envisageable est celle de la végétalisation des toits. On peut ainsi prendre l’exemple de Chicago, qui a eu recours à cette pratique sur le toit de son hôtel de ville. En Europe, les deux bons élèves sont notamment la ville de Zurich, qui envisage de créer 2 millions de m2 de verdure, ainsi que l’Allemagne, avec déjà 8 millions de m2 par an.

Autre solution pour des constructions plus durables, celle de la tour végétale. La ville de Milan y a déjà eu recours en inaugurant à la fin de l’année 2014 la Bosco Verticale. Cette dernière représente l’équivalent d’un hectare de forêt où 1 200 coccinelles ont été relâchées ! Un projet similaire est en cours de réalisation à Taïwan, avec le Tao Zhu Garden qui devrait être livré en 2017. Il s’agit là d’une tour végétale avec des arbres et des jardins potagers à tous les étages.

Vue du ciel, notre planète bleue verdirait à vue d’œil !

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Les frenchies se lancent dans le défi 

La start-up parisienne Topager, fondée par Nicolas Bel, est un bureau d’étude mais surtout propose l’aménagement de jardins et de potagers sur les toits de la capitale. C’est notamment l’Hôtel Pullman, près de la tour Eiffel, qui s’est pris au jeu en végétalisant ses 1 200 m2 de toit avec un potager mais aussi un poulailler. Ainsi, les clients du restaurant peuvent profiter de végétaux fraichement cueillis, 100% locaux !

Il y a aussi Agricool : des fraises 0% pesticide, 0% OGM et 0% pollution, cultivées toute l’année dans des containers en bordure du parc de Bercy. Ça vous donne envie ? Vous pouvez les réserver avec un simple mail.

En plus de recréer du lien social, la végétalisation des villes est également un moteur pour l’emploi ! En effet, selon l’UNEP (Union Nationale des Entreprises du Paysage), un investissement de 20 000€ génère trois fois et demie plus d’emplois que tout autre projet d’infrastructure. Si l’homme aide la nature, elle le lui rendra. Enfin, la végétalisation des villes permet le retour d’une certaine vie sauvage, offre un refuge et de la nourriture aux insectes, notamment aux abeilles.

Selon une enquête réalisé par l’Ifop en février dernier – « Ville en vert, ville en vie : un nouveau modèle de société »85% des français considèrent que la présence d’espaces verts à proximité de leur habitation est un critère important. De plus, 6 français sur 10 pensent que la création d’espaces verts dans leur ville est la priorité numéro 1 !

Et vous, prêt(e) à retrouver la nature dans votre vie quotidienne ?

[1] Source : Soverdi, Ressources en eau

[2] Source : CNRS

Manifeste de l'Unep : "Des Jardins pour le Climat"

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