Contre choc culturel

Saviez-vous que, comme le départ, le retour de mission se prépare ? On a tendance à oublier qu’à son retour « au pays », le volontaire peut également rencontrer quelques difficultés à se réadapter à son environnement. Et c’est d’autant plus vrai lorsque le séjour a duré plusieurs mois.

C’est nourri de nouvelles expériences et abreuvé d’une autre culture que vous allez revenir chez vous, après votre mission. Quelle que soit son intensité et la façon dont elle se sera déroulée, cette aventure aura changé quelque chose en vous, souvent en profondeur, vous poussant à adopter de nouvelles façons de penser et de voir le monde. Si les premiers jours vous ressentez une sorte d’euphorie, si vous vous sentez « gonflé à bloc », restez vigilant : cela ne durera pas. Il n’est en effet pas exclu que vous ayez à vivre un autre choc culturel, dans le sens inverse. Votre environnement naturel pourra vous paraître un peu moins familier et il vous sera sans doute difficile de vous y réadapter. C’est ce qu’on appelle le « contrechoc culturel » ou « syndrome du retour ». La réadaptation à votre milieu peut engendrer un stress émotionnel. Il n’est pas rare de ressentir une certaine incompréhension mutuelle avec son entourage, un sentiment d’isolement et d’égarement ou encore de désintérêt. À votre retour, vous porterez peut-être un regard différent sur votre culture ; votre système de valeurs pourrait s’en retrouver bouleversé. Les amis que vous vous aurez faits sur place risquent aussi de vous manquer, tout comme les activités et le travail auxquels vous vous livriez pendant votre mission. Tout cela est normal.

La première façon de prévenir ce « syndrome » est d’avoir conscience de son existence et de l’accepter. Vous pouvez vous rapprocher de la structure avec laquelle vous êtes parti en mission. Elle vous permettra de vous mettre en relation avec d’autres volontaires qui ont vécu un retour difficile. Elles sont nombreuses à disposer d’un réseau d’anciens et à organiser des réunions afin d’effectuer un bilan de votre mission, mais aussi de votre état d’esprit. En outre, cela représente une façon supplémentaire de partager votre expérience et de réaffirmer votre engagement, en participant à la mise en place de groupes de travail thématiques, par exemple, en formant de futurs volontaires et en animant de nouveaux chantiers. Ainsi, vos nouvelles compétences seront exploitées à bon escient.
Si vous vous sentez en décalage par rapport à ce qui se passe dans votre pays et son actualité, a fortiori avec ce qu’il s’est passé pendant votre absence, lisez les journaux, regardez les informations à la télévision et sur Internet et n’hésitez pas à en discuter avec vos proches. Cela peut être l’occasion de remettre en perspective votre aventure et d’échanger avec des personnes qui s’y intéressent.

D’une façon générale, prenez le temps qu’il faut pour cette « réinsertion », et cette réflexion sur votre propre vie. La réadaptation peut prendre un certain temps : généralement un à deux mois. Évitez alors de vous lancer à corps perdu dans un nouveau travail ou un nouveau chantier. Cette « fuite en avant » risque de ne pas être productive et d’écourter la phase de « digestion » pourtant nécessaire. À l’inverse, ne cédez pas à la tentation d’oublier vos difficultés en vous réfugiant dans des pratiques de réconfort comme l’abus d’alcool, de nourriture, voire de drogue.
Redécouvrir son pays d’origine, c’est aussi se redécouvrir soi-même. Profitez de cette période de transition pour être à l’écoute de vos sensations et de vos émotions. Faites le bilan de votre aventure et demandez-vous si vous avez atteint vos objectifs, si vous avez des regrets, ce que vous avez appris, ce que cela vous a apporté, ce que vous pourriez améliorer dans la perspective d’une prochaine mission… Si, comme on l’a vu, de nombreux volontaires continuent à s’investir à leur retour de mission auprès de la structure organisationnelle ou en gardant des contacts avec le pays d’accueil, n’oubliez pas qu’il vous est aussi possible de vous engager autrement, au plus près de chez vous. Emmaüs, la Croix-Rouge, les Restos du cœur… Ces associations ont aussi besoin de bénévoles en permanence. Ce sera pour vous l’occasion de mettre à profit les connaissances et les compétences acquises pendant votre mission mais aussi de vous confronter à la réalité du quotidien de votre pays. Certains volontaires, au retour, se lancent dans la création d’associations en faveur d’une cause qu’ils souhaitent défendre. Pourquoi pas vous ? Toutefois, là encore, prenez le temps de bien réfléchir avant d’agir.

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