Pourquoi partir faire du volontariat ?

Décider de partir en « voyage utile » n’est pas anodin. On ne part pas participer à la conservation des tortues marines au Costa Rica comme on prend un billet d’avion pour les Baléares ! Acteur plus que spectateur, l’éco-volontaire se lance dans une démarche d’engagement envers lui-même et ceux qui l’accompagneront dans cette expérience, tout comme vis-à-vis de la cause qu’il a choisi de défendre. Toutefois, il existe différents niveaux d’engagement et de multiples raisons de partir et il convient, en tout premier lieu, de définir ses objectifs.

Ne pas préparer suffisamment son voyage est la meilleure façon d’être déçu et de se heurter à une désillusion difficile à vivre. En cas de doute, il est nécessaire de se faire accompagner dans sa réflexion par des professionnels et des ONG qui organisent ce type de voyages ou des volontaires prêts à partager leur expérience. Si, sur place, le volontaire rencontre des difficultés ou ressent un malaise, par exemple en allant à la rencontre des personnes « à aider » ou en constatant la réalité de certaines relations internationales, non seulement il le vivra comme un échec mais, en plus, il risquera de desservir la cause en contribuant à véhiculer des clichés ou des critiques inappropriées sur le pays ou la mission.

Derrière des motivations affichées comme « partir faire de l’humanitaire » ou « aider ceux qui en ont besoin », courantes chez les jeunes, peuvent se révéler d’autres envies et, surtout, des enjeux plus importants dont on n’a peut-être pas tout à fait conscience. Ainsi, partir peut être un moyen de s’échapper d’une vie qui ne semble plus satisfaisante ou de fuir certains problèmes, une situation compliquée ou une société où il devient difficile de trouver sa place.

Néanmoins, ces motivations ne sont pas incompatibles avec un voyage réussi. Au contraire, si elles sont bien prises en considération, elles peuvent contribuer à enrichir la démarche. Car la curiosité pour le monde et la capacité à s’y ouvrir mettent en jeu des problématiques intimes avec l’ambition de mieux se connaître et de s’améliorer pour être à même d’apporter quelque chose aux autres. Chaque motivation a sa valeur, si elle est cohérente. Et si elle est honnête et sincère, elle n’en sera que plus légitime !

Pour réussir sa mission de volontariat avec l’ambition d’apporter de l’aide aux autres, il est nécessaire de déterminer au préalable les besoins sur place. En effet, nos besoins, dans nos pays occidentaux, ne se définissent pas de la même façon que ceux des populations des pays dits « du Sud ». Se documenter sérieusement avant de s’engager est la meilleure façon de cibler les nécessités locales et, en regard, les actions concrètes que l’on peut mener, ainsi que ce que chacun, à titre individuel, peut apporter à la mission.

La démarche de partir en voyage solidaire peut être sous-tendue par une motivation personnelle mais peut se doubler d’une ambition professionnelle. Par exemple, selon le pays visé, et si l’on se retrouve en totale immersion ou presque, il est possible d’améliorer rapidement son niveau d’anglais, d’espagnol ou de mandarin. La pratique de langues étrangères étant toujours un atout dans une démarche de recherche d’emploi ou de différenciation si l’on souhaite accéder à des postes avec davantage de responsabilités. L’apprentissage de langues ou dialectes locaux peut également être intéressant. Si leur pratique n’est pas aussi facile à valoriser dans un cadre professionnel, elle renforce toutefois des qualités comme la faculté d’adaptation, la tolérance et l’ouverture d’esprit.

Le voyage solidaire peut également s’inscrire dans un parcours professionnel cohérent et venir compléter une formation, perfectionner un métier ou un savoir-faire et développer des compétences. Pour les étudiants, certaines missions proposent de partir dans le cadre de stages professionnels obligatoires. C’est le cas notamment pour les infirmiers, les vétérinaires, certaines études scientifiques ou environnementales. Cette expérience est alors prise en compte dans le cursus et est reconnue pour leur diplôme.

Le marché du travail en France n’étant pas au beau fixe, certains pourront envisager le voyage solidaire comme une façon de trouver un emploi, dans des conditions pour le moins plaisantes, voire de s’insérer professionnellement. Ces motivations, liées à la morosité de l’économie française, sont assez nouvelles mais doivent aussi être prises en compte. Elles seront d’autant plus amenées à se développer à l’avenir, la solidarité internationale tendant à se structurer et s’institutionnaliser.

On peut avoir envie de partir pour s’ouvrir à d’autres univers et découvrir d’autres cultures, religions, pratiques ou coutumes, d’autres populations, y compris avec les problèmes qu’elles rencontrent. Mais, pour prétendre connaître et comprendre ce qui s’offre lors d’un voyage, il ne suffit pas de s’y rendre et de se cantonner à traverser le pays en suivant les circuits touristiques proposés ! Un premier voyage dans le pays auquel on s’intéresse peut être une bonne stratégie pour approfondir et conforter son envie d’engagement, en se rapprochant par exemple des organismes et des volontaires qui agissent déjà sur le terrain.

S’engager est aussi un acte citoyen et s’inscrit dans un cheminement personnel vers plus d’indépendance vis-à-vis de son propre milieu. Cela permet également de relativiser ses propres difficultés en mettant celles des autres en perspective. C’est une occasion rêvée pour évoluer et gagner en maturité !

Un voyage solidaire peut littéralement changer la personne qui part, à plus forte raison un jeune pour qui cela peut être une façon de s’affirmer et de trouver ailleurs la force nécessaire pour affronter sa propre vie. L’entourage est donc aussi à prendre en compte. En, effet, les réactions des parents ou de la famille proche peuvent avoir un impact sur la réalisation du projet. Il est donc nécessaire d’ouvrir le dialogue afin que chacun puisse exprimer ses desiderata comme ses craintes.

La discussion doit également être possible avec les différents partenaires du projet : financiers, institutionnels, associations, animateurs…

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